Celle qui voulait faire plaisir à ses parents

rud-pic

Crédit photo Rudy BOYER

Pourquoi fait-on des enfants? Par instinct, par égoïsme, par altruisme?

Dans mon cas, je pense que c’est un mélange des trois.

L’envie d’avoir des enfants a toujours été viscérale pour moi, je pense même que j’aurais pu être une maman ado tellement je ressentais ce « besoin » tout au fond de moi.

Avant d’être maman j’étais très investie avec les enfants de mes amies, j’aimais leur faire plaisir, les câliner, les voir souvent.

Ado, j’adorais faire du baby-sitting surtout avec les tout petits.

Je me suis toujours vue avec une grande famille, plus de 3 enfants, car je crois, après une multitudes d’introspections, que j’ai un énorme besoin d’aimer, de donner, j’aime cet état d’amour inconditionnel.

Je sais au fond de moi que si je n’avais pas été maman, je ne serais sans doute pas là. La vie pour moi à un sens quand je donne, j’aide, j’apaise. L’humanitaire et la défense de la cause animale me tiennent à cœur et c’est sans doute vers cela que je me serais tournée. Je ne dis pas qu’avoir des enfants empêchent cela, mais pour moi, être sur le terrain, braver le danger, je ne peux le faire avec des enfants. D’autres y arrivent, pas moi.

Pourtant, parfois je doute de moi et de mes capacités à être une bonne mère pour mon fils. Je suis loin d’être la maman parfaite et j’ai pas mal de défauts je dois l’avouer. Je gueule pas mal, je ne suis pas très patiente, je ne suis pas la reine des activités à la maison. La seule chose que je sais, c’est que j’aime mon fils et que j’essaie de corriger le tir quand je me plante, quand je crie trop ou quand je perds patience, trop vite. Je sus une maman aux multiples facettes tantôt gamine tantôt adulte responsable, je jongle entre mon Yin et mon Yang.

On ressent le caractère d’un enfant dès tout petit et je sais au fond de moi, aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours voulu plaire et faire plaisir à mes parents. Mon rôle de grande sœur et du coup de « modèle » pour mon frère et ma sœur je ne l’ai jamais ressenti comme un fardeau mais au final, je pense que je me suis mis une pression de fou pour tenter d’être un bon exemple pour eux. Certes j’avais mon côté foufou et enfantin mais je ne devais pas flancher.

Ma mère, inconsciemment, a capté en moi cette enfant émotionnelle et je pense que je me serais naturellement dirigée vers des métiers artistiques liés à la beauté ou du sport (j’avais également une forte envie de pratiquer la médecine vétérinaire mais un gentil conseiller d’orientation de merde m’a de suite cassé mon rêve en m’annonçant qu’avec mon niveau de maths je ne devais même pas y penser, le manque de confiance en moi ne m’a pas aidé à me battre et à tenter quand même).

Ma maman a donc décidé que comme à part la coiffure ou l’esthétique, je ne savais pas quoi faire d’autres comme métiers, je me devais de passer mon BAC d’abord, car elle qui n’avait pas eu la chance de pouvoir faire d’études, par manque d’argent, à dû se résigner à travailler très jeune.

Mon BAC en poche, c’était dommage selon elle de ne pas continuer, j’ai alors poursuivi mes études, m’étant un peu perdue durant 2 ans avec une année de fac qui ne me convenait pas et un an de formation qui me servi de tremplin pour la suite, ne sachant toujours pas quel métier me conviendrait à part un métier dit « manuel », elle m’a poussée à continuer, c’est comme ça qu’avec une maîtrise en management, je me suis retrouvée sur un marché saturé dû à un début de « crise » et la galère post-études ne fût pas simple, j’ai enchaîné tout type de boulots, toujours en visant l’objectif de finalement pouvoir apporter mon savoir-faire en RH. Ce que j’ai réussi, mais toujours en emplois précaires…Mais ça c’est un autre débat!

Je ne la blâme pas, ma mère fait partie de cette génération qui n’a rien eu, qui a dû se battre pour vivre et qui a cumulé 2-3 jobs pour gagner son indépendance financière. Cette génération pour qui études veut dire réussite. Ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui en France…

Parfois je me dis que j’ai raté ma vie professionnelle, que finalement j’ai fait des études pour rien et que je n’avance pas. Parfois je me dis que j’ai 35 ans et que ma vie n’est pas du tout celle que j’avais imaginée autrefois et puis souvent j’essaie de relativiser et de me dire que mes études m’ont permis de voyager, d’apprendre des autres, d’autres cultures, d’autres langues, de rencontrer des personnes superbes et d’avoir eu de belles années malgré tout!

Oui, je plaide coupable d’avoir toujours et de vouloir encore maintenant faire plaisir à mes parents, les rendre fiers (c’est difficile ces derniers temps car ils sont plus soucieux que jamais de me voir de débattre à trouver un job, un vrai), parfois je suis fatiguée de travailler par intermittence, crois-moi, être au chômage c’est loin d’être des vacances…

Alors oui, je suis celle qui voudra toujours faire plaisir à ses parents, au risque parfois de me perdre moi-même!

Malgré tout, loin de moi l’idée de leur jeter la pierre de mes échecs actuels, j’y ai toutes les responsabilités, je ne me cache pas derrières eux, derrières de faux prétextes, c’est comme ça, mon passé ne doit pas être un frein mais un tremplin et je sais que tout ce qu’ils ont fait, ils l’ont fait pour moi, pour nous, pour que nous soyons accomplis, toujours dans la bienveillance.

Il est encore temps pour moi d’aller de l’avant, de corriger mes erreurs, de réussir et de me sentir bien dans ma peau et aussi bête que ça puisse paraître, savoir dire non est un premier pas!

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s